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Insuffisance rénale chronique

Qu’est-ce que l’insuffisance rénale chronique ?

C’est une maladie qui survient lorsqu’au moins les deux tiers des reins ne fonctionnent plus et qui atteint surtout les animaux âgés de 7 ans et plus. Les reins n’arrivent alors plus à effectuer leurs fonctions qui consistent à régulariser le métabolisme de l’eau ainsi qu’à éliminer les déchets métaboliques produits par les différents organes. L’accumulation de ces déchets (urémie) va alors causer l’apparition de symptômes tels que : perte de poids, abattement, diminution de l’appétit, nausées et/ou vomissements, déshydratation malgré une augmentation de la consommation d’eau ainsi qu’une augmentation de la production d’urine. L’insuffisance rénale chronique est malheureusement progressive et irréversible. Malgré qu’une cause primaire soit rarement identifiée, certains facteurs de risque peuvent favoriser la progression de la maladie. Ceux-ci incluent de la déshydratation, l’administration de drogues toxiques pour les reins, une infection des voies urinaires, des pierres dans les reins et dans les uretères, de l’hypertension ainsi que la présence de protéines dans l’urine.

Comment diagnostiquer l’insuffisance rénale chronique?

L’historique des symptômes que manifeste l’animal (voir plus haut) ainsi que les données recueillies lors de l’examen physique éveillent généralement la suspicion du vétérinaire : animal maigre, faible et déshydraté, un ou les deux reins plus petits et irréguliers et parfois présence d’un souffle cardiaque pouvant être causé par de l’hypertension ou de l’anémie reliée à l’insuffisance rénale.

Afin de confirmer le diagnostic, certains tests devront être effectués. Une analyse sanguine démontrera une augmentation de l’urée et de la créatinine. Ce sont les déchets métaboliques mentionnés plus haut qui s’accumulent dans le sang lorsque les reins ont une diminution de fonction de 75-85% et plus. Ils sont irritants pour l’estomac et responsables en partie du fait que l’animal ne file pas, qu’il mange moins et qu’il vomisse. Il est également fréquent d’observer une augmentation du calcium qui peut, à long terme, entraîner la calcification des organes et causer l’apparition de pierres dans le système urinaire. Le phosphore est un autre électrolyte qui est souvent augmenté lors d’insuffisance rénale chronique. À long terme également, une telle hyperphosphatémie est à son tour dommageable pour les reins. Suite à la déshydratation éprouvée par l’animal, le sodium et le chlore vont aussi souvent augmenter dans le sang pouvant entraîner des dommages au niveau des yeux, du système nerveux et des reins. Le potassium est un électrolyte qui diminue souvent dans le sang lors d’insuffisance rénale chronique et qui cause de la faiblesse musculaire. 

Dans les cas sévères, on peut aussi observer de l’anémie, c’est-à-dire une diminution du nombre de globules rouges dans le sang. Ceci est causé par une diminution de la production de l’hormone érythropoïétine par les reins malades. Cette hormone est responsable de la production de globules rouges au niveau de la moelle osseuse. Une telle anémie va empirer la faiblesse ressentie par l’animal et peut être responsable du souffle cardiaque entendu lors de l’auscultation.
 
Un autre changement pouvant être observé avec la prise de sang est la présence d’acidose métabolique qui est aussi responsable de plusieurs symptômes observés et peut même, dans les cas sévères, causer une réduction du débit cardiaque (vitesse à laquelle le sang est éjecté du cœur à chaque battement), de la pression artérielle ainsi que de la perfusion du foie et des reins.
 
Lors d’insuffisance rénale chronique, il est important d’effectuer une analyse d’urine afin d’évaluer la capacité des reins à concentrer l’urine, de détecter la présence d’infection, de cristaux urinaires, de sang, de protéines ou de cellules tumorales. Un test déterminant la quantité de protéines par rapport à la quantité de créatinine dans l’urine permettra d’établir un pronostic pour l’animal.
 
D’autres tests complémentaires seront nécessaires afin d’évaluer la condition globale de l’animal. Des radiographies permettront d’évaluer la grosseur, la position et le contour des reins, d’observer la présence de calcifications ou de pierres dans les voies urinaires ainsi que de déterminer la grosseur du cœur et s’il y a présence de lésions pulmonaires secondaires au mauvais fonctionnement cardiaque. La mesure de la pression artérielle, quant à elle, permettra de détecter la présence d’hypertension.

Traitements

Bien que la maladie soit incurable, un traitement approprié peut en ralentir la progression, améliorer les symptômes et prolonger la durée de vie de l’animal. Les différentes modalités thérapeutiques disponibles ne sont pas toutes efficaces et leur efficacité dépendra, entre autres, du stade de sévérité de la maladie. En identifiant ce stade, l’on pourra, avec le ratio protéine : créatinine urinaire, établir un pronostic pour la survie de l’animal en question. Le choix d’un traitement plutôt qu’un autre sera déterminé individuellement et variera probablement avec l’évolution de la condition de l’animal dans le temps. Il visera à diminuer les symptômes associés à l’urémie; à minimiser les débalancements des électrolytes, des vitamines et des minéraux; à supporter la nutrition ainsi qu’à ralentir la progression de la maladie. Bien entendu, si une cause primaire a été identifiée alors elle devrait être corrigée dans la mesure du possible.
 
Les diètes rénales contiennent des quantités réduites de phosphates, de sel et de protéines qui sont toutefois de valeur biologique élevée. Elles contiennent des concentrations plus élevées d’omégas-3 dont l’effet anti-inflammatoire est bénéfique pour les reins. Ces diètes sont donc les mieux adaptées pour minimiser les crises urémiques et le taux de mortalité. Parce qu’elles sont généralement moins appétissantes que les autres nourritures, on recommande leur introduction progressive sur une période de quelques semaines afin d’y habituer l’animal. S’il refuse cette diète mais qu’il accepte de consommer une autre sorte de nourriture en quantité suffisante pour combler ses besoins caloriques alors cette alternative peut faire l’affaire. La nourriture humide est préférable à la nourriture sèche parce qu’elle contient plus d’eau. Si l’animal refuse la nourriture humide, il peut être nourri avec la formule sèche. Dans ce cas, d’autres moyens pour augmenter sa consommation d’eau pourront être utilisés. S’il ne consomme pas assez de nourriture pour combler ses besoins nutritionnels, il peut s’avérer nécessaire de lui placer un tube dans l’estomac afin de le nourrir manuellement et de lui administrer sa médication orale. 

Pour enrayer les problèmes gastro-intestinaux tels que les nausées et les vomissements, on peut utiliser des anti-vomitifs et des médicaments qui diminuent l’acidité gastrique. S’il y a évidence d’ulcération du tube digestif (sang digéré et/ou frais dans les selles), on peut ajouter des protecteurs de muqueuse au traitement déjà instauré.
 
Étant donné que les reins malades ne sont plus capables de retenir l’eau dans l’organisme, l’animal va uriner beaucoup. Pour tenter de maintenir son équilibre hydrique, il va augmenter sa consommation d’eau mais comme il mange moins, qu’il vomit ou qu’il a de la diarrhée alors les pertes d’eau dépassent sa consommation d’eau et il peut devenir déshydraté. Une telle déshydratation diminue la perfusion rénale et la délivrance d’oxygène aux reins ce qui peut causer un déclin rapide et sévère de la fonction rénale. Il devra donc être nécessaire de lui administrer des solutés pour maintenir une hydratation adéquate. La correction de la déshydratation devrait idéalement être effectuée par voie intraveineuse en clinique. Par la suite, le maintien de l’hydratation pourra être fait à la maison en administrant les solutés par voie sous-cutanée et être continué à long terme si nécessaire. Bien que cette dernière approche soit en général plus bénéfique pour les chats que pour les chiens, elle peut quand même être utilisée chez cette espèce. La quantité de soluté administrée et la fréquence d’administration devront être ajustés régulièrement selon la réponse au traitement afin d’éviter des complications telles qu’une surcharge de volume, de l’hypertension ainsi qu’une baisse du potassium sanguin. 

Il existe des suppléments maintenant disponibles que l’on peut saupoudrer sur la nourriture contenant soit du citrate de potassium servant à remplacer les déficits de potassium de l’animal, soit des chélateurs de phosphore qui captent les phosphates dans l’intestin et en préviennent leur absorption ainsi que des tampons servant à diminuer l’acidose métabolique. Il est recommandé d’utiliser ces produits dès le premier stade d’insuffisance rénale. 
 
Le mauvais fonctionnement des reins peut entraîner l’apparition d’hyperparathyroïdisme. Cette condition affecte le métabolisme du calcium et est caractérisée par une augmentation de l’hormone parathyroïde (PTH). Cette augmentation fait suite, entre autres, à la rétention de phosphore et à la diminution de la production rénale de calcitriol par les reins malades. En donnant un supplément oral de calcitriol, il y aura réduction de la concentration de PTH avec possiblement une réduction de mortalité chez les chiens souffrant d’insuffisance rénale chronique (on croit que la PTH serait une toxine urémique).
 
Si la mesure du ratio protéine : créatinine urinaire démontre qu’il y a présence de protéines dans l’urine (reconnues pour favoriser la progression de l’insuffisance rénale chronique) alors il sera indiqué de prescrire des médicaments tels que le bénazépril qui agit en diminuant la pression artérielle et la pression au niveau des reins tout en augmentant le flot sanguin rénal et le taux de filtration glomérulaire des reins ou des médicaments diminuant le taux de protéines dans l'urine (protéinurie).
 
Si l’animal souffre d’anémie sévère à cause de son insuffisance rénale, il est possible de lui administrer l’hormone érythropoïétine par voie sous-cutanée pour remplacer sa production déficiente par les reins. Un supplément de fer doit être donné conjointement à ce traitement qui n’est en général instauré que lorsque le niveau d’hématocrite (la proportion de GR dans le sang) est inférieur à 20% et que l’animal présente des symptômes reliés à son anémie (augmentation de la fréquence cardiaque, présence d’un souffle cardiaque, défaillance cardiaque et intolérance à l’exercice). La raison étant que dans environ 25 à 30% des cas, il y a production d’anticorps dirigés contre cette érythropoïétine et par conséquent destruction de l’hormone avec comme effets secondaires de l’hypertension, des convulsions ainsi qu’une détérioration de l’anémie par manque de fer. L’animal peut alors nécessiter une ou des transfusions sanguinesqui sont elles-mêmes plus à risque d’engendrer des réactions indésirables. 

S’il y a hypertension, elle devrait être corrigée puisqu’elle peut entraîner à son tour des dommages aux reins, entre autres, et par conséquent une chute progressive de la fonction rénale.
 
L’hémodialyse et la transplantation rénale sont des modalités thérapeutiques à considérer lorsque les résultats escomptés n’ont pas été obtenus avec les traitements conventionnels. La transplantation offre même la possibilité de survie à long terme avec une bonne qualité de vie. Par contre, cette option thérapeutique n’est pas appropriée pour tous les cas. 

Des réévaluations périodiques incluant des examens physiques et tests de laboratoires seront nécessaires afin de déterminer la réponse au traitement et d’évaluer la condition de l’animal. Ces réévaluations pourront être faites à intervalles plus ou moins rapprochés.   Source Dr Lacombe (Hôpital vétérinaire - Québec)



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